18 février 2013

Campagne Institutionnelle

L’Association des Paralysés de France lance sa nouvelle campagne institutionnelle, axée sur le thème de l’accessibilité. Avec l’accroche « Supprimons les obstacles qui paralysent », l’association veut sensibiliser l’opinion publique sur l’inaccessibilité des établissements recevant du public. En effet, le retard pris en la matière, alors que la France devrait être accessible à tous au 1er janvier 2015, pénalise quotidiennement les personnes en situation de handicap et leur famille et de fait, les exclut de la vie sociale menée par tout un chacun. Pour l’APF, cette campagne a pour objectif de sensibiliser le grand public aux difficultés auxquelles sont confrontées les personnes en situation de handicap et de montrer les combats que l'APF mène pour supprimer ces difficultés. Son message : un lieu inaccessible est un lieu que l'on interdit aux personnes en situation de handicap, c’est un lieu qui exclut. Trois visuels mettent en scène trois lieux représentatifs d'une activité de la vie quotidienne : un commerce, un lieu de loisir, une administration, comportant chaque fois un obstacle différent : des marches à l'entrée, des toilettes non accessibles ou des portes trop étroites.

L’accroche « Supprimons les obstacles qui paralysent » indique la volonté de l’association de  construire une société ouverte à tous, permettant l’accès à tout pour tous.

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10 février 2013

Handicap : le monde est à eux à Rouen

ETUDE.Handisup facilite les séjours des étudiants handicapés à l'international... qui témoignent.

«Faire en sorte que chaque jeune, quel que soit son handicap, obtienne un diplôme lui permettant d'accéder à un métier à la hauteur de ses attentes et de ses compétences mais veiller également à ce que ces élèves, en situation de handicap, ne bénéficient pas d'un traitement particulier, cause de discriminations ».
En quelques mots, Jean-Jacques Malandain, le président de l'association Handisup Haute-Normande a résumé la raison d'être de son équipe tout en présentant l'évolution du dispositif que l'association a mis en place pour faciliter la mobilité d'étudiants handicapés haut-normands.
C'est en 1998 que, partant du constat que lycéens et étudiants handicapés ne disposaient d'aucune aide, d'aucun accompagnement pendant leurs études, que cette association a été créée. En 10 ans, avec le soutien de la région Haute-Normandie, de l'Agefiph, des départements de Seine-Maritime et de l'Eure, et de l'université de Rouen, Handisup a mis en place un dispositif cohérent qui permet d'accompagner les jeunes handicapés de Haute-Normandie dès le lycée, pendant les études supérieures et jusqu'à l'emploi.

400 jeunes chaque année
Chaque année, ce sont environ 400 jeunes de la région qui sollicitent l'association et plus de 300 bénéficient d'un accompagnement quel que soit leur handicap (visuel, auditif, moteur, maladie invalidante...).
Il s'agit d'étudiants inscrits dans l'ensemble des établissements de Haute-Normandie : universités, Insa, écoles du groupe ESC, filières BTS, école d'architecture... Pourtant, cette action n'a été rendue possible que par la mise en place d'un « partage de valeur » entre le Crédit Agricole de Normandie-Seine et l'association. Depuis plus de deux ans, l'établissement bancaire a décidé de consacrer une part des économies réalisées au soutien d'associations partageant et œuvrant activement pour des valeurs socialement responsables.

Un chèque de 22 635 €
Ainsi, à chaque « e-relevé » souscrit par un client de la banque, 1 € est reversé à Handisup. En 2012, ce partenariat a ainsi permis de collecter 22 365 € que Frédéric Lefebvre, directeur général adjoint du crédit agricole Normandie-Seine, a remis à l'association Handisup lors de la réunion d'échanges qui s'est déroulée mercredi soir à la Maison de l'université de Mont-Saint-Aignan.

« Dire à ma famille : tout va bien ! »

Aujourd'hui, Handisup peut participer au financement du départ d'étudiants à l'étranger et leur permettre d'envisager un cursus d'études poussées. Jusqu'à présent, il convenait d'affronter seul la peur de partir au loin, avec de réels soucis d'adaptation matérielle.
Victor, en fauteuil roulant suit une année obligatoire Erasmus au Trinity Collège de Dublin en Irlande. Pour lui, « l'apport logistique et financier d'Handisup s'est révélé indispensable. C'est un partenaire de premier choix qui, en amont, a pu niveler un certain nombre de difficultés comme le logement, les transports, les demandes particulières. Tout se passe pour le mieux même s'il reste des choses à corriger et c'est une satisfaction de pouvoir, par caméra interposée, dire à ma famille : tout va bien ! ».
Victoria, représentée lors de la conférence par son frère Valentin, n'est peut-être pas près de retrouver la France tellement elle se plaît aux Etats-Unis. « Elle a choisi New-York, sourit-il, « mais dès son arrivée elle s'est trouvée confrontée à de gros problèmes d'accessibilité à son logement. De simples marches alors qu'elle est en fauteuil ! Mis à part ce problème, qu'elle aurait également rencontré en France, elle est enchantée de son séjour aux Etats-Unis. Handisup a fait preuve d'un efficacité redoutable dans la préparation du séjour et quand tout est bien étudié en amont, les choses ne peuvent que bien se dérouler ».
Mélissa en Suède ou encore Laetitia en Angleterre ont également partagé ce bonheur d'être sur un pied d'égalité en matière de déplacement à l'étranger et tous, sans exception, louent le support indéniable que leur a procuré l'association.

Source : http://www.paris-normandie.fr/

Le vendredi 8 février 2013

08 février 2013

En 2015, tous les lieux recevant du public devront être accessibles aux handicapés. L'affaire easyJet montre que l'objectif ne sera pas atteint.

Le Point.fr - Publié le07/02/2013 à 15:22- Modifié le07/02/2013 à 19:59

Dominique Baudis, Défenseur des droits, se réjouissait mardi de la décision de la cour d'appel de Paris de condamner la compagnie aérienne easyJet pour discrimination. "Une étape essentielle en matière de respect des droits des personnes handicapées a été franchie", affirmait-il. Pour Le Point.fr, il revient sur la situation, en 2013, des handicapés en France.

Le Point.fr : easyJet a été condamnée pour avoir refusé l'embarquement d'une personne au motif que les handicapés ne sont pas autorisés à voyager seuls. L'accessibilité est-elle encore un problème de nos jours ?

Défenseur des droits : L'accessibilité est un droit des personnes handicapées consacré par la justice. C'est essentiel pour qu'elles puissent vivre pleinement leur vie. D'autres décisions concernant les compagnies aériennes sont en attente. Il y a notamment le cas de cette compagnie qui a refusé à Marseille d'embarquer une vingtaine de personnes sourdes et malentendantes. Ces gens étaient pourtant accompagnés d'un traducteur. Ils ne posent pas plus de problèmes qu'une personne ne parlant pas notre langue. Mais l'argument est toujours le même : c'est contraire aux règles de sécurité.

L'accès au logement est également problématique. L'allocation adulte handicapé (AAH) n'étant pas saisissable, il est arrivé que la location soit refusée pour ce motif. Pourtant, il y a d'autres aides, comme les pensions alimentaires, qui ne sont pas saisissables non plus. Nous avions la certitude que c'était une politique de réseau menée par un groupe d'agences immobilières. Nous avons, en effet, reçu plusieurs plaintes de régions différentes. Nous avons trouvé un règlement amiable avec ce groupe que nous avons fait suivre aux autres agences immobilières. Il y a également eu le cas, très médiatisé, de cette avocate qui ne pouvait pas accéder au palais de justice. L'État a été condamné. En clair, soit l'accès est refusé pour de prétendues raisons de sécurité, soit l'accessibilité n'est même pas prévue.

Si l'on en croit la loi, la situation doit bientôt évoluer. En 2015, tous les lieux destinés à recevoir du public sont censés pouvoir accueillir les personnes handicapées, non ?

Oui, la loi de 2005 prévoit une échéance en 2015. Mais la France est très loin de remplir ses objectifs. Huit ans se sont écoulés et seulement 20 % des travaux nécessaires ont été réalisés. Aucun palier ou étape obligatoire n'a été prévu. Lorsque la loi a été votée, c'était "rendez-vous en 2015, tout sera fait". Il faut tirer la sonnette d'alarme. C'est pourquoi chaque affaire, comme celle d'easyJet, permet d'alerter les pouvoirs publics sur la situation. Dans deux ans et demi, il va y avoir de très nombreux contentieux. Récemment, il y a eu une réclamation d'une personne qui n'a pas pu accéder à la salle de cinéma où était diffusé le film qu'elle voulait voir. Le cinéma nous a rétorqué que, si la salle n'était pas accessible, on aurait mis la personne en danger en l'y installant. Dans deux ans, cet argument ne sera plus recevable. Pour les établissements nouveaux, ce n'est pas un problème. On construit en tenant compte des nouvelles lois. Mais pour la mise aux normes des bâtiments anciens, on continue de prendre du retard. Certains décrets d'application de la loi de 2005 n'ont toujours pas été publiés. C'est le cas de la mise aux normes des locaux de travail, des établissements pénitentiaires ou encore des installations sportives. Il faut de plus améliorer l'accessibilité aux locaux scolaires pour que le plus de handicapés possible soient scolarisés en milieu ordinaire.

Un point positif, tout de même : d'après votre observatoire des discriminations, les handicapés semblent être mieux acceptés sur leur lieu de travail. En 2011, dans le secteur privé, les salariés estimaient que, dans 10 % des cas, les discriminations étaient liées au handicap. Contre seulement 5 % en 2012.

Oui, cela témoigne peut-être d'une évolution de la société. Les travailleurs n'ont pas d'handiphobie, ou en tout cas sont peu nombreux à en avoir. Mais l'accessibilité à l'emploi reste un problème pour les personnes handicapées. Il faut aussi avoir conscience que, souvent, le handicap intervient alors que la personne est déjà en place. Les entreprises ont alors l'obligation de procéder, dans la mesure du possible, à des aménagements de poste. Les trois grandes catégories de personnes qui sont victimes de discriminations au travail sont les étrangers, les handicapés et les mères qui s'absentent durant leur grossesse. Mais, en pratique, ces discriminations ont des répercussions différentes. Les mères connaissent un retour à l'emploi souvent difficile après leur congé maternité. Les étrangers, eux, peinent à accéder à un travail. Pour les handicapés, l'accès à l'emploi est difficile, mais, en plus, le déroulement de leur carrière est problématique.

Source : http://www.lepoint.fr/ - le jeudi 7 février 2013