Journée internationale des droits de la femme : Pour que les femmes en situation de handicap ne soient plus doublement discriminées !

À la veille de la Journée internationale des droits de la femme, l’Association des paralysés de France (APF) tient à rappeler la double discrimination dont sont victimes les femmes en situation de handicap. En effet, selon la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, les femmes en situation de handicap font l’objet de discriminations multiples, fondées sur le sexe et sur le handicap, au détriment de leurs droits et de leurs libertés fondamentales. Il est beaucoup plus difficile pour les femmes handicapées – tant dans la sphère publique que dans la sphère privée – d’avoir accès à un logement adéquat, à la santé, à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’emploi, et elles sont plus susceptibles d’être placées dans des institutions.

Par ailleurs, les femmes en situation de handicap sont aujourd’hui très peu visibles dans les politiques de lutte contre les discriminations.

L’APF a donc rencontré Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, pour faire le point sur la condition des femmes en situation de handicap en France et lui proposer des pistes d’amélioration pour lutter contre cette double discrimination.

 

> Le droit à disposer de son corps
Les femmes et filles en situation de handicap sont généralement privées ou moins bien informées du droit à disposer de leur corps. Ainsi, les enfants et adolescents scolarisés en milieu spécialisé ne bénéficient pas d’éducation à la sexualité ; les adolescentes et femmes en situation de handicap ont des difficultés à accéder à la contraception et à la planification familiale et les femmes en situation de handicap restent encore souvent considérées comme non aptes à être mères.
Enfin, ces dernières bénéficient rarement d’un suivi de santé sexuelle adéquat en raison de l’inaccessibilité des centres médicaux et du manque d’appareils de consultation adaptés (par exemple appareil pour mammographie).

→ Attentes de l’APF :

  • Permettre aux enfants et adolescents scolarisés en CLIS, en ULIS ou dans une unité d’enseignement d’un établissement médico-social de bénéficier d’une information adaptée en matière d’éducation sexuelle.
  • Permettre l’accès à une éducation et des informations concernant la procréation et la planification familiale avec des outils adaptés.
  • Rendre accessibles les articles relatifs à la santé sexuelle des femmes handicapées (contraceptifs, tables d’examen gynécologique, appareils pour mammographie, etc.)
  • Faciliter la maternité des femmes en situation de handicap : accompagnement par du personnel formé, prise en compte de la parentalité au titre de la PCH, accès à du matériel adapté.
  • Former les professionnels en ce qui concerne l’assistance spécifique aux femmes en situation de handicap aussi bien dans le domaine de la gynécologie, de l’obstétrique et de l’assistance à la violence à l’égard des femmes.


> La lutte contre les violences faites aux femmes
Il a été mis en lumière que les femmes en situation de handicap congénital sont plus exposées aux maltraitances physiques et financières et avec un seuil de tolérance beaucoup plus élevé que les femmes dont le handicap est survenu au cours de la vie.

→ Attentes de l’APF :

  • Faire en sorte que les femmes en situation de handicap puisse se sentir concerné par les campagnes de prévention pour prévenir, reconnaître et dénoncer les maltraitances, violences et abus sur les femmes : contenu et accessibilité.
  • Former les professionnels auprès de qui les femmes peuvent venir déposer une plainte ou parler de leurs difficultés : police, gendarmerie, services sociaux…
  • Former également les écoutants aux questions de handicap et faire savoir qu’ils sont en capacité de répondre à ces femmes.
  • Faciliter l’accès des femmes en situation de handicap aux refuges pour femmes et centres d’assistance.


> Le partage des responsabilités familiales
Le partage des responsabilités familiales fait référence à la problématique des proches aidants ou aidants familiaux et donc à la question du genre, puisque la majorité des aidants familiaux sont des femmes. Afin de procurer de l’aide à un proche, les femmes aidants familiaux doivent souvent diminuer, cesser ou modifier une activité professionnelle. Elles perdent ainsi des droits (congés, retraite, chômage…) ainsi que des possibilités de promotion et d’évolution de carrière.

→ Attentes de l’APF :

  • Sensibiliser le monde du travail pour une prise en compte des contraintes des aidants,
  • Etendre à tous les aidants les droits en matière d’aménagement du temps de travail.
  • Offrir la possibilité de congés adaptés, d’accès facile, indemnisés et flexibles qui répondent aux situations d’aggravation brutale et aux besoins réguliers d’accompagnement de la personne aidée.
  • Obtenir que les aidants soient prioritaires dans le choix des dates de prise de congé (les dates de fermeture des établissements sont souvent imposées).
  • Développer les droits spécifiques existant et obtenir de nouveaux droits pour les aidants familiaux qui souhaitent réduire leur activité professionnelle.
  • Développer la mise en place de services aux salariés aidants (la conciergerie d’entreprise par exemple).
  • Faciliter la recherche d’emploi pour les aidants familiaux qui le désirent.

Communiqué de Presse de l'APF le 7 mars 2013

Les commentaires sont fermés.