Handicap: l'Essonne réfléchit à la mise en place d'assistants sexuels

Le conseil général de l'Essonne va engager une réflexion "sur la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap" dont une des pistes serait la création d'un statut "d'assistant sexuel", a-t-il indiqué ce jeudi. "On s'occupe de l'accès aux transports, au droit au logement mais cet accès à la sexualité est un impensé total", a indiqué à l'AFP, Jérôme Guedj, le président (PS) du département. "Nous souhaitons réfléchir à un cadre éthique et juridique pour cette mission complémentaire de l'accompagnement des personnes handicapées (...) On ne ferme pas le débat et le champ du possible est ouvert", a affirmé M. Guedj qui se défend d'encourager toute forme de prostitution. "Ce n'est pas de la prostitution, je suis opposé à la marchandisation du corps. Ce n'est pas un service public de prostitués."

Le lancement de cette réflexion doit être entériné lundi à l'occasion de l'adoption par la collectivité du schéma départemental en faveur des personnes handicapées qui prévoit une fiche-action intitulée "promouvoir les réflexions et les actions en faveur de la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap". Début avril, un groupe de travail avec des associations et des juristes devrait être constitué, et des voyages d'études notamment en Suisse et en Belgique, sont prévus. Les conclusions de cette réflexion ne devraient pas être connues avant la fin de l'année.

Dans un communiqué commun avec le conseil général de l'Essonne, l'Association des paralysés de France (APF), a appelé "à ne pas fermer le débat sur l'assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap". Dans un avis rendu public le 12 mars, le Comité national consultatif d'éthique (CCNE) a émis un avis défavorable aux assistants sexuels pour les personnes handicapées promus par certaines associations. Légales dans certains pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et le Danemark, l'aide sexuelle peut aller de l'assistance érotique aux caresses, contact corps à corps jusqu'au rapport sexuel. Délivrer un service sexuel à la personne handicapée entraîne des risques important de dérives, relève le CCNE en rejetant tout "angélisme". En France, servir d'intermédiaire entre une personne qui se prostitue et une autre qui a recours à ses services, relève du proxénétisme.

Source : www.lindependant.fr - le 22 mars 2013

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