Cinq questions sur les "assistants sexuels"

Handicap L'Essonne a rouvert, lundi, le débat sur cette profession

Le mot « assistant sexuel » a finalement été retiré de la délibération. Mais c'est bien de ça qu'il s'agit. Le conseil général de l'Essonne a voté, lundi, le lancement d'« une réflexion sur la formation des professionnels aux enjeux de l'accompagnement dans la sexualité des personnes lourdement handicapées » (lire ci-dessous). A terme, l'idée est de les aider à avoir une vie sexuelle malgré leur situation. 20 Minutes dévoile les dessous d'une profession qui existe déjà en Suisse.

Qu'est-ce qu'un assistant sexuel ? Formé, ce professionnel tente de raviver le désir sensuel et sexuel des personnes handicapées qui le demandent, car elles sont dans l'incapacité motrice de le faire elles-mêmes. « Ce n'est pas parce qu'on est dans un fauteuil qu'on n'a plus de libido », explique ainsi Marcel Nuss, plurihandicapé qui vient de rédiger un livre sur le sujet*. Les assistants peuvent être des hommes ou des femmes, hétéros, homos ou bisexuels.

S'agit-il de faire l'amour aux handicapés ? L'aide peut aller jusqu'à l'acte de pénétration. Mais l'assistant sexuel fixe les limites qu'il ne veut pas franchir. En Suisse, certains assistants se limitent aux câlins et aux caresses. D'autres, comme Lorenzo, refusent d'embrasser « pour ne pas s'engager émotionnellement », mais acceptent de pratiquer des masturbations.

L'assistant est-il rémunéré ? En Suisse, l'assistant touche 150 francs suisses (120 €), quelle que soit sa prestation. Créée en 2009, l'association Sexualité et handicap pluriels (SEHP) a formé douze personnes. Depuis, quelque 200 rendez-vous ont été organisés, assure Catherine Agthe, sa présidente.

A qui cela s'adresse-t-il ? Aux personnes en fauteuil, aux handicapés mentaux et à leurs familles souvent démunies. « Il faut bien décrypter les besoins, poursuit Catherine Agthe. Je me souviens d'un handicapé mental qui répétait qu'il voulait faire l'amour. Mais, quand je l'ai interrogé, il voulait avoir une copine avec qui aller au cinéma… »

Est-ce de la prostitution ? « Aujourd'hui, c'est pour les handicapés ; demain, ce sera pour les personnes âgées ? », s'est interrogée Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d'Osez le féminisme. La délibération du conseil général de l'Essonne exclut « toute forme de marchandisation du corps ».

Vincent Vantighem
 
Source : 20 minutes, le 26 mars 2013

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