29 mars 2013

Handicap. Ils voyagent en dansant

Le 23 novembre, nous les avions laissés épuisés et enthousiastes (*). Avides de poursuivre leur aventure chorégraphique avec Sergio Argiolas. Hier, une vingtaine d'adultes handicapés l'ont racontée à la MPT d'Ergué-Armel. En dansant.

Des « merci, merci, merci !!! » fusent dans une salle de danse de la MPT d'Ergué-Armel. « Sans toi, Sergio, on n'aurait jamais pu faire ça », s'exclame Léo. Fin de représentation, hier après-midi. Une vingtaine d'adultes handicapés cornouaillais viennent de livrer, face au public, leur conception du dépassement de soi, de l'envol et l'envie. Pas avec des mots, sauf pour Mathieu le slameur, mais avec leur corps. Chacun avec ce qu'il est, chacun avec sa perception du désir du chorégraphe Sergio Argiolas de les embarquer dans un improbable espace-temps. Évasion travaillée au fil d'ateliers depuis l'automne. Évasion réussie, vu leurs mines et impressions.


Léo : « C'est important d'aller plus loin »

« Un vrai plaisir partagé. On se dépasse même si on reste nous-mêmes. C'est important d'aller plus loin », commente Léo. « Je pense au voyage quand je danse, j'ai fait un beau voyage », sourit Florian. Même tonalité chez Gaëlle : « J'aime bien bouger mon corps. J'ai tout apprécié. Ça m'aide à m'évader un peu », annonce-t-elle, émerveillée. D'une seule respiration, Jérôme prétend « adorer danser avec des collègues et Sergio. Ça m'entraîne dans d'autres univers extraordinaires. C'est mon rêve de danser comme ça ». « C'est une grande opportunité de pouvoir oeuvrer dans le bon sens avec la complicité de Sergio, qui est un gars exceptionnel. Avec beaucoup de souplesse, de tact et savoir-vivre », s'enthousiasme Jean-Philippe. « Ça m'a un petit peu tiré la peur. J'aime bien bouger, montrer aux autres que l'on peut faire devant tout le monde », confie Alissa, émue.

Poursuivre le projet

« C'était super. J'ai envie de continuer l'année prochaine », émet Jacques qui, comme les autres, a beaucoup voire tout donné sur le parquet. « Nous espérons pouvoir continuer ce projet prévu sur trois ans, avec un spectacle éventuellement au bout. Nous attendons des financements. On va aussi essayer de tendre vers un atelier mixte handicapés valides », indique Maryse Citoleux, directrice adjointe chargée de l'action culturelle à la MPT d'Ergué-Armel. C'est la Maison pour tous qui a impulsé ce projet expérimental avec le collectif Art'Hand'Co, lui-même rivé à l'association Chiboudig. « On a assisté à une incroyable évolution depuis octobre et vécu, aujourd'hui, une énorme émotion. On a vu des gens qui s'ouvraient aux autres en plus de s'ouvrir à la danse. C'est magnifique et forcément à continuer », s'enflamme Philip Ollivier, le coordinateur du collectif. Maryse Citoleux partage cette même émotion « à les voir évoluer dans l'espace, avec la confiance qu'ils ont acquise et le bonheur qu'ils ont montré ».

« Gestes bruts d'une beauté désarmante »

Comment sort le chorégraphe de la Cie Doun Doun Ba de cette touchante et utile expérience ? Avec la vision « de gestes bruts d'une beauté désarmante ». « C'est le plus beau parce que ça sort d'eux, insiste Sergio Argiolas. J'ai perçu leur envie de se dépasser. Ils ont travaillé à retenir la gestuelle et les pas pour aller plus loin. J'ai pris plein de claques avec leur bonheur de s'investir ! » « C'était bien, on a dansé comme ça, glisse Sébastien, en mimant un enchaînement. Comme dans une salle de bal de mariés... »

* Le Télégramme du 24 novembre 2012.

Source : Le Télégramme, le 29 mars 2013

28 mars 2013

Generali lance une web-serie pour parler du handicap

Générali a produit une web-série afin de sensibiliser les internautes sur le sujet du handicap au travail. Une expérience interactive.

Generali vient d' engager une démarche originale pour parler du handicap au travail. Le sujet est traité dans une série web interactive tournée avec 30 collaborateurs, qui propose à l’internaute "une expérience dont il est le héros" avec bonus, quizz et paroles d’experts. « Notre approche a été double, explique-t-on chez l’assureur, nous avons voulu appréhender la réalité du handicap et recourir à un ton autre que celui d' une communication d’entreprise traditionnelle ».

Voir la web-série

Pour que le handicap soit un sujet d'entreprise

Engagé depuis une dizaine d’années sur le sujet du handicap, Generali s’est fixé pour but qu’il devienne à terme « un sujet d’entreprise ». Pour l’heure, le taux d’emploi des travailleurs handicapés au sein du groupe atteint 2,8% des effectifs, juste dessus de la moyenne du secteur privé (2,7% ). Mais il a doublé depuis 2005. En 2010, un accord a été signé réaffirmant le principe du maintien dans l’emploi de tout collaborateur de l’entreprise atteint d’un handicap et prévoyant, à ce titre, de financer et mettre en œuvre les mesures nécessaires à ce maintien en emploi (quotidien de travail et trajets).

Parallèlement, les dispositifs d’insertion pour le retour à l’emploi des chômeurs en situation de handicap ont été renforcés. Le groupe est par ailleurs en ce moment en train de développer une nouvelle offre de services pour les clients en situation de handicap.

Source : www.business.leschos.fr - le 28 mars 2013

26 mars 2013

Handicap à l’école. La loi qui fâche

Les professeurs pourraient donner leur avis sur les mesures d’accompagnement des enfants dans leurs classes, par des adultes. Colère des familles. Explications de Michel Ménard, le député qui a défendu cette disposition.

« L’accompagnement des enfants handicapés à l’école est notifié par les Commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), rappelle Michel Ménard, député socialiste de Carquefou (Loire-Atlantique). Or, c’est quand l’enfant est à l’école qu’on peut mesurer ses besoins. »

Parfois, le nombre d’heures d’auxiliaire de vie scolaire (AVS) est insuffisant. Parfois, il ne s’avère pas être la meilleure solution. Un exemple ? Un appareillage auditif peut se révéler plus efficace pour un enfant malentendant qu’un adulte auprès de lui qui lui répéterait à voix basse ce que l’enseignant dit. Cet adulte ainsi libéré pourra accompagner un autre enfant.

Lors de l’examen sur la loi de refondation de l’école, plusieurs députés socialistes, dont Michel Ménard, ont proposé et adopté cette possibilité. L’amendement fâche les parents et fédérations de parents d’enfants handicapés. Deux d’entre elles, la Fegapei et Trisomie 21, se sont dites « consternées ». Pour elles, l’article amendé « prévoit en effet que les professionnels de l’école puissent saisir, en cas de difficulté avec un élève en situation de handicap, seuls et sans l’accord des parents, la Maison départementale du handicap et la CDAPH, pour réviser l’orientation de l’enfant ».

« Non, répond catégorique Michel Ménard. Nous avons entendu des cas concrets, sur le terrain. Et nous avons proposé que l’équipe éducative, après avoir pris l’avis des parents, j’insiste, puisse demander une modification à la CDAPH. Mais c’est toujours la CDAPH qui décidera de modifier ou pas. »

Vincent Peillon, ministre de l’Éducation, a promis que les sénateurs réexamineront cet article lorsqu’ils discuteront du projet de loi, sans doute en mai. « Je ne sais pas dans quel sens », indique le député qui souligne que « l’amendement a été adopté sans aucune objection des différents groupes politiques ».

Source : Ouest-France le 26 mars 2013

Cinq questions sur les "assistants sexuels"

Handicap L'Essonne a rouvert, lundi, le débat sur cette profession

Le mot « assistant sexuel » a finalement été retiré de la délibération. Mais c'est bien de ça qu'il s'agit. Le conseil général de l'Essonne a voté, lundi, le lancement d'« une réflexion sur la formation des professionnels aux enjeux de l'accompagnement dans la sexualité des personnes lourdement handicapées » (lire ci-dessous). A terme, l'idée est de les aider à avoir une vie sexuelle malgré leur situation. 20 Minutes dévoile les dessous d'une profession qui existe déjà en Suisse.

Qu'est-ce qu'un assistant sexuel ? Formé, ce professionnel tente de raviver le désir sensuel et sexuel des personnes handicapées qui le demandent, car elles sont dans l'incapacité motrice de le faire elles-mêmes. « Ce n'est pas parce qu'on est dans un fauteuil qu'on n'a plus de libido », explique ainsi Marcel Nuss, plurihandicapé qui vient de rédiger un livre sur le sujet*. Les assistants peuvent être des hommes ou des femmes, hétéros, homos ou bisexuels.

S'agit-il de faire l'amour aux handicapés ? L'aide peut aller jusqu'à l'acte de pénétration. Mais l'assistant sexuel fixe les limites qu'il ne veut pas franchir. En Suisse, certains assistants se limitent aux câlins et aux caresses. D'autres, comme Lorenzo, refusent d'embrasser « pour ne pas s'engager émotionnellement », mais acceptent de pratiquer des masturbations.

L'assistant est-il rémunéré ? En Suisse, l'assistant touche 150 francs suisses (120 €), quelle que soit sa prestation. Créée en 2009, l'association Sexualité et handicap pluriels (SEHP) a formé douze personnes. Depuis, quelque 200 rendez-vous ont été organisés, assure Catherine Agthe, sa présidente.

A qui cela s'adresse-t-il ? Aux personnes en fauteuil, aux handicapés mentaux et à leurs familles souvent démunies. « Il faut bien décrypter les besoins, poursuit Catherine Agthe. Je me souviens d'un handicapé mental qui répétait qu'il voulait faire l'amour. Mais, quand je l'ai interrogé, il voulait avoir une copine avec qui aller au cinéma… »

Est-ce de la prostitution ? « Aujourd'hui, c'est pour les handicapés ; demain, ce sera pour les personnes âgées ? », s'est interrogée Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d'Osez le féminisme. La délibération du conseil général de l'Essonne exclut « toute forme de marchandisation du corps ».

Vincent Vantighem
 
Source : 20 minutes, le 26 mars 2013

25 mars 2013

Stationnement et handicap : Garez-vous ailleurs ou je sticke !

« Depuis que je sticke, j'ai arrêté de klaxonner, de râler en voiture et j’économise le psy ! », témoigne un internaute sur le site Garé comme une merde. « Ma vie a changé : maintenant lorsque je vois une voiture mal garée, plus de bouffée de chaleur ! Je jubile même à l'idée du sticker que je vais lui coller ! », enchaîne une autre. Sticker ? Déverser sa rage contre un automobiliste indélicat en apposant un autocollant vengeur de couleur vive sur son pare-brise et l’inciter à aller se garer ailleurs vite fait. Le slogan ? "Je me suis vraiment garé comme une merde".

Le site et sa boutique en ligne ont été développés par quatre amis alsaciens pour permettre à chacun d’exprimer son mécontentement à la vue d'un véhicule mal garé. « En plus de le signaler à l'automobiliste peu scrupuleux c'est aussi un moyen de se faire du bien ! Oui, coller un sticker ça soulage ! », sourit Davy, l’un des fondateurs.

Une forme de "thérapie" dont peuvent aussi bénéficier désormais les personnes en situation de handicap qui voient les places réservées squattées. Le modèle ? "La bêtise n’est pas un handicap. Garez-vous ailleurs !". « Percutant pour celui qui le découvre sur son pare-brise, nous espérons que ce sticker sera utile et que les automobilistes ne recommenceront pas. » Le sticker colle très bien par temps sec et sur une surface propre et se décolle facilement avec de l’eau, ne laissant aucune trace sur la voiture. Mais de belles plaques rouges sur les visages.

Taille : 15 x 5 cm, impression sur papier brillant 83 g. Prix : 5 € les 5 stickers, 25 € les 100, à commander en ligne. Vous pouvez aussi télécharger l’appli gratuite pour Iphone pour sticker en mode virtuel.

Source : Faire-Face, le 25 mars 2013