Film

  • « The Sessions », amour charnel et handicap

    THE SESSIONS** 

    Ben Lewin 

    Film américain, 1 h 35 

    Plusieurs fois récompensé au festival du film indépendant de Sundance aux États-Unis, Prix du public au festival de San Sebastian, The Sessions est inspiré d’un article rédigé par le poète et journaliste américain Mark O’Brien (1949-1999), victime d’une sévère attaque de poliomyélite à l’âge de six ans et resté très gravement handicapé (1).

    Tétraplégique, condamné à passer près de vingt heures par jour dans un « poumon d’acier » qui lui permettait de respirer, le jeune homme n’en mena pas moins des études sur le campus de Berkeley en Californie, se rendant seul en cours sur son chariot motorisé – au risque de provoquer des accidents de la circulation –, écrivant et téléphonant à l’aide d’une baguette tenue entre les dents. Et recevant une assistance quotidienne de plusieurs aides-soignantes.

    une sensibilité qui préservent le spectateur du malaise

    Désireux d’accéder à l’amour charnel, Mark O’Brien entreprit à l’âge de 38 ans – et après avoir consulté le prêtre de sa paroisse – de faire appel à une sexologue, qui l’orienta vers une « assistante sexuelle ».

    Traitant de la question du handicap et du désir, le film de Ben Lewin parvient à progresser sur une ligne de crête, sans pudibonderie mais avec une délicatesse, un humour – certes un peu cru – et une sensibilité qui préservent le spectateur du malaise. Cette difficile quête, ponctuée d’échanges entre le protagoniste et son confesseur, ouvre sur de nombreuses questions : le sentiment de complétude, l’importance cruciale de l’éveil sensuel, la culpabilité, la finalité de l’acte.

    Cette œuvre forte, évidemment destinée à un public averti, se fait marquante lorsque le spectateur prend conscience que l’entrée du personnage dans l’univers de la sensualité est précédée d’un grand vide  : ce corps-là, aucune main ne l’avait jamais révélé à lui-même. De ce point de vue, The Sessions est avant tout un film sur la nécessité de toucher et d’être touché pour vivre.

    (1) On seeing a sex surrogate, paru en 1990 dans le magazine littéraire The Sun.

    ARNAUD SCHWARTZ

    La Croix, le 5 mars 2013

  • Intouchables

    Le 2 novembre dernier vient de sortir le film INTOUCHABLES avec François Cluzet et Omar Sy.

    INtouchables.jpgSynopsis : A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables

    L'une des répliques du film est "pas de bras, pas de chocolat".

    Qu'en pensez-vous ? Le film reflète-t-il la vrai place de la personne en situation de handicap ? Avez-vous aimé si vous l'avez vu ? Détesté peut-être ?